Page:Madame de Mornay - Memoires - tome 1.djvu/219

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dedans, y fit faire moulins à poudre et à farine, fondre canons, cuivre, salpestres, redressa la garnison, ordonna et accommoda une place pour assembler les gardes et faire la prière. Mesmes voulut mettre la main à la closture du fauxbourg de la Billange, et en avait faict la trace, sy le peuple se fust voulu tant soit peu ayder ; le tout avec une extrême diligence, et par ouvriers payés, tant manœuvres que massons, sans foule du peuple, dont chacun s’esbahissoit, et aucuns pensoient qu’il y fust aydé des Eglizes de France, pour l’intérest commun. Mais la vérité est qu’il n’avoit autre moïen que d’un demy-escu pour pipe de vin que le Roy luy avoit accordé pour les dittes fortifications, que je luy avois donné advis de demander lorsqu’il estoit en court, lequel il mesnageoit mieux que son propre, au lieu que la plus part des gouverneurs qui le levoient sans commission l’employoient à leurs usages particuliers. Il fit establir à la recepte de ses deniers, avec commission du Roy, un receveur comptable, afin qu’on vist, par les comptes qui en seroient rendus, comment ses deniers estoient employés au service et selon l’intention de S. M., et ne voulut que un seul des siens eust le maniement de la recepte.

Il avoit à Saumur M. de Pierrefite, gentilhomme très advisé, lequel il avoit demandé au Roy pour commander en son absence, et qui quitta le gouvernement en chef de Saint Maixant où il estoit pour estre auprès de luy ; au chasteau, M. de Bernapré, vieux gentilhomme et capitaine, aagé de 75 ans ou environ, qui avoit toute sa vie suivy les guerres de la Religion, et plusieurs autres personnes de bonne