Page:Maeterlinck - Les Morts ne meurent pas, paru dans Le Figaro, 29 août 1915.djvu/7

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sortir, d’où rien ne peut tomber pour se dissoudre dans l’espace. Tout ce qui existe, tout ce qui se fait sur cette terre y demeure et y porte ses fruits ; et les pires dilapidations ne sont que des richesses matérielles ou spirituelles, un instant projetées, qui retombent sous une autre forme. Il n’y a pas d’issue, il n’y a pas de fuites, il n’y a pas de fissures, il n’y a pas d’à côté, il n’y a pas de déchet ou d’oubli. Tout cet héroïsme, de toutes parts répandu, ne quitte pas notre globe ; et si le courage de nos combattants semble si général et si extraordinaire, c’est que toute la puissance des morts est passée dans ceux qui survivent. Toutes ces forces de sagesse, de patience, d’honneur, de sacrifice qui croissent de jour en jour, et que nous-mêmes, qui sommes loin du danger, sentons monter en nous sans savoir d’où elles viennent, elles ne sont autre