Page:Maindron - Dans l’Inde du Sud.djvu/92

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


luisants que soient leurs joyaux, ils ne brillent pas autant que leurs yeux ombrés par l’antimoine.

La principale des bayadères est encore absente. On s’enquiert, on court, on la cherche. Enfin la voici qui arrive. Le retard s’explique. La belle avait à accomplir des cérémonies dans le sanctuaire. La nature de ces cérémonies, je ne l’ai point demandé. La curiosité eût dépassé les bornes. Le Çivaïsme tantrique a ses mystères sensuels et terribles que le vulgaire ne doit point connaître. C’est là un point auquel il convient de s’arrêter. Et, pour ne point s’y arrêter, la plupart des Français se font mépriser en Asie, car rien ne blesse plus l’Asiatique que cette condescendante et égrillarde familiarité par quoi tant de nos compatriotes croient les honorer. Aussi ne m’occupai-je point de la bayadère en premier, et la regardai-je passer, comme les autres, sans en parler au brahme. Mais elle s’arrêta devant moi, s’inclina et porta la main droite à son front pour me saluer avec la correction indienne la plus marquée. Sans croire un seul instant que cette politesse de faveur distinguât en rien ma personne, je regardai l’adorante. Quelle ne fut pas ma surprise en