Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, III.djvu/134

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Histoire naturelle du ver à soie. § ier. — Description du papillon, de la chenille et de la chrysalide du ver à soie. Le papillon que produit le ver à soie appartient à une famille très nombreuse, désignée, par les ento- mologistes, sous les noms de Bombycite ou Bonib- yciens. Il fait partie du genre Bombyx proprement dit, et il a été distingué sous le nom de Bombyx mori, Bombyx à soie. L’insecte parfait ou le papillon dont lafig.111A.représentelemâleetlafig.112Bla femelle, est reconnaissable aux caractères suivants : antennes pectinées, moins dans les femelles que dans les mâles, d’un brun plus ou moins clair ; ailes blanches avec quelques ligues transversales brunes, les supérieures débordées par les inférieures dans le repos, et recourbées en faucille, surtout dans le mâle. Fig. 111 A, 112 B et 133. Lachenille(fig.113)quel’onnommevulgaire- ment ver à soie, est pourvue de poils et d’une couleur noirâtre en sortant de l’œuf ; mais elle devient successivement lisse et de plus en plus blanchâtre à mesure qu’elle subit les changements de peau et qu’elle se rapproche du moment où elle devra filer sa coque pour se métamorphoser. C’est dans cet état qu’elle est représentée de profil dans notre figure. La chrysalide n’offre rien de remarquable, elle retrace les formes des principales parties extérieures du papillon. D’abord d’un jaune pâle, elle se colore de plus en plus en jaune brunâtre lorsqu’arrive l’époque de la sortie ou de l’éclosion du papillon. Au reste, les caractères extérieurs du Bombyx mori à ses divers états de chenille, de chrysalide et d’in- secte parfait, sont trop généralement connus pour qu’il soit nécessaire d’insister sur leur, description. Peut-être trouvera-t-on plus convenable que nous nous étendions davantage sur les particularités que présente son organisation intérieure. C’est, au reste, un point qui a été négligé par les nombreux auteurs qui ont écrit sur l’éducation des vers à soie. § ii. — Anatomie du ver à soie. L’anatomie du Bombyx à soie, tant à son état delarvequ’àceluid’insecteparfait,estassezbien connue, grâce aux travaux de quelques naturalistes anciens, parmi lesquels on doit surtout distinguer maLpighi, à cause de l’exactitude et de la délicatesse de ses dissections. Nous tâcherons de faire connaî- tre cette structure, en lui empruntant les principaux détails que nous allons donner. Occupons-nous d’abord de l’organisation intérieure de la chenille, nous passerons ensuite à l’étude de quelques organes spécialement propres au papillon.

Quand on ouvre

une chenille de Bombyx mori, et ces dissections doivent toujours être faites dans l’eau, de telle sorte que ce liquide recouvre entièrement l’objet dont on pour- suit l’étude ; quand on ouvre disons- nous,unechenillede Bombyx mori, on voit que sa peau, composée de plusieurs couches, est tapissée intérieure- ment de divers mus- cles qui, les uns droits, les autres obliques en sens inverses, sont destinés à imprimer aux anneaux du corps les mouvements variés qu’ils exécutent. Des petits muscles spéciaux se fixent aux pattes proprement dites, et à ces autres pattes en cou- ronne pourvues de petits crochets, à l’aide desquels la chenille s’accroche et se tient fixée sur les feuilles dont elle se nourrit, ou sur tout autre corps étranger. Fig. 114. Fig. 115.

CHAP.7e HISTOIRE NATURELLE DES VERS À SOIE 121 Soncanalintestinal(fig.114)estuntubedroitqui débute par un œsophage court a ; vient ensuite le ventricule chylifique b, dont les parois sont garnies antérieurementdefibresmusculairestransversales très nombreuses, parmi lesquelles on en remarqué deux longitudinales cc, qui semblent brider les autres. Il reçoit de nombreuses trachées dont quelques-unes sont indiquées en d ; postérieure- mentilserétrécitene,etlàcommencel’intestinf,