Page:Malato - De la Commune à l'anarchie, Tresse et Stock, 1894.djvu/247

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que la déesse Liberté avait secoué sa torche, électrisant les foules et bronzant le cœur des martyrs ?

Ce sont les roitelets : et dire que, parmi les serfs de l’industrie, la plupart ne songent qu’à les remplacer ! Pourquoi es-tu mort, Molière ? Tu pourrais dépeindre, après le bourgeois gentilhomme, le prolétaire-bourgeois ! Une aristocratie, non plus de maîtres, mais de contremaîtres ! L’anarchie nous en garde !

Avant même d’être républicain, j’étais complètement internationaliste : elle me paraissait si stupide, si odieuse la haine de l’être humain né de l’autre côté de la montagne ou du fleuve ! Lorsque, quatre ans plus tard, j’eus quelques centaines de francs disponibles, je m’empressai de créer un journal, hebdomadaire naturellement, la Révolution Cosmopolite, qui vécut ce que vivent les organes pauvres, fondés pour servir une idée et non des intérêts.

La Gazette du Soir suspendit sa publication au bout de deux mois et demi, moins faute d’argent que faute d’entente, car, ainsi qu’il arrive souvent en semblable cas, les rédacteurs français et italiens de ce journal d’union passaient leur temps à se disputer.

Un ex-employé de l’agence Raqueni me proposa à ce moment, de l’aider à créer une agence de petite marque. J’acceptai, fis le gros du travail, consistant spécialement en traductions de journaux anglais, et me trouvai floué au moment solennel du règlement de comptes. Je ne dois pourtant pas trop médire de ce collaborateur peu délicat car ce fut son initiative qui m’inspira, un peu plus tard, ayant pu sortir de l’enfer du passage Papier, l’idée d’entreprendre pour mon propre compte travail similaire. Avec quelques feuilles de papier poly-