Page:Malato - De la Commune à l'anarchie, Tresse et Stock, 1894.djvu/280

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c’était le bouillonnement désordonné ; pendant le boulangisme, ç’avait été, au milieu du désarroi, la fidélité au drapeau du socialisme international ; à la veille du 1er mai 90, les anarchistes avaient résolument pris une attitude offensive. Et maintenant, c’était la dissertation doctorale et pacifique sur le nouvel évangile social. Quelques individus avaient mis à la mode les conférences contradictoires avec les curés soi-disant socialistes, malgré les objurgations énergiques du Père Peinard et, pendant ce temps, l’abbé Garnier, prévoyant judicieusement le rôle immense des groupements ouvriers dans la bataille contre le capital, s’efforçait d’organiser ses syndicats mixtes.

Le plus pressé, selon moi, était d’empêcher que le cléricalisme nous débordât tout à fait. Déjà, une réaction de l’esprit se faisait : en littérature avec le socialisme, en science avec l’occultisme, en économie avec le socialisme chrétien, en politique avec la russomanie, l’influence mystique perçait victorieusement. Il fallait réagir ou nous réveiller la corde au cou.

Et, à un certain nombre d’amis, nous commençâmes notre œuvre. Mais pendant ce temps, les désespérés qui avaient toujours attendu la lutte, perdirent patience. Decamps, coupable de s’être défendu héroïquement contre les gendarmes avait été condamné : Ravachol fit parler la dynamite.