Page:Malato - De la Commune à l'anarchie, Tresse et Stock, 1894.djvu/50

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fossile de grand pachyderme confirme l’existence de cet ancien continent austral, car, à l’arrivée des Européens, la Nouvelle-Calédonie ne possédait plus aucun quadrupède. Les Canaques du sud ont, en outre, une vague idée qu’autrefois, on allait à pied du pays des Touaourous à Kunié ; est-ce une croyance qu’ils ont reçue des explorateurs blancs ou un lambeau persistant de tradition transmise à travers les âges par quelques descendants des aborigènes d’alors ? C’est une question difficile à résoudre, car les Néo-Calédoniens d’aujourd’hui ne constituent pas une race ancienne : ils sont formés du mélange des Mélanaisiens, petits, noirâtres, médiocrement intelligents, et des Polynésiens d’Ouvéa (archipel Wallis) grands, souples et forts, au teint cuivre-doré, à l’intelligence ouverte, arrivés plus tard, il y a environ cent quatre-vingts ans. Savoir si la Nouvelle-Calédonie avait des habitants humains à l’époque tertiaire est un problème dont on n’a pas encore trouvé la solution.

L’île des Pins, géologiquement, se rattache à la Grande-Terre. Elle est la continuation d’une chaîne serpentineuse passant par l’archipel Bélep, au nord, Arama, Poum, Koumac, Gomen, Gatope, Koné, Pouembout, Tiaoué, Adio, Mou, Monéo, Houaïlou, Canala, Thio, Bourendy, Yaté, le mont Dore. Les hauteurs sont rougeâtres et arides : la végétation mord difficilement dans ce sol tout de nickel, de pyrites et de chromate de fer ; mais les parties basses, fertilisées par les alluvions, arrosées par de nombreux cours d’eau, sont, en général, verdoyantes. Sur certains points, la mer semble se retirer, laissant à découvert des plages marécageuses où croît le palétuvier : les femmes indigènes s’aventurent