Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/112

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les, traçant sa vie au cordeau et à l’équerre, est-il véritablement un homme ?

Trois mots suffisent pour déshabiller le bourgeois : égoïsme, hypocrisie, lâcheté ; un seul pour l’habiller : parvenu. Tant que M. Prudhomme vivra, il poursuivra de ses colères de pygmée les grands passionnés qui troublent son repos et font baisser la rente.

L’orateur, le général, le tribun, l’artiste, à quoi s’adressent-ils ? À la passion.

Supprimez ce grand moteur et l’humanité retombe dans les ténèbres.

Les passions sont donc par elles-mêmes chose noble et utile ; si, dans la société actuelle, elles mènent l’homme à des écarts parfois monstrueux, c’est que, contrariées à chaque instant dans leur essor par des conventions et des règlements anti-naturels, elles se faussent et se dépravent. Dans une société basée sur la liberté individuelle, l’égalité sociale et l’harmonisation des intérêts, il n’en sera pas ainsi. Qui peut affirmer que Pranzini, dans un autre