Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/113

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


milieu, n’eût pas été un homme fort utile, mettant au service de tous ses remarquables facultés d’assimilation ; que Cartouche, Mandrin [1] sans cet or qui les tentait et les lois qui, donnant les fonctions au hasard de la naissance, inutilisaient les talents, n’eussent pas été des Hoche et des Garibaldi ? Jetez Washington chez un peuple vieilli, abâtardi par le byzantisme parlementaire et les préjugés, vous aurez Boulanger. Une société où l’or n’existe pas, où tout est à tous, supprime l’avarice ; une société où tous sont libres et égaux, supprime ou tout au moins atténue beaucoup la jalousie et l’orgueil. La colère, plus noble, certes, que la résignation chrétienne, n’aura plus à soulever des opprimés contre des tyrans ; l’élan pour la lutte se transfor-

  1. Mandrin fut, non un scélérat comme on le croit généralement, mais un rebelle, aimé des paysans qu’il défendait contre les gens du roi. Un autre brigand, Poulailler fut humain, poli, bienfaisant pour les pauvres auxquels il distribuait ce qu’il avait enlevé aux riches, en somme, un niveleur de fortunes, un socialiste à main armée.