Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/144

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L’armée, telle qu’elle existe actuellement, est donc un rouage oppressif et coûteux pour le peuple, peu utile pour la défense et par lequel, souvent, se perpètrent de véritables atrocités au nom de la discipline et de l’intérêt général ; c’est un rouage à supprimer ; mais s’en suivrait-il qu’une société absolument libre et égalitaire dût être laissée sans moyens de défense contre les nations despotiques ou barbares qui l’entoureraient ?

Évidemment non. Aussi, en attendant l’époque harmonique où la guerre sera devenue un hideux souvenir du passé, peut-on concevoir l’armement général du peuple comme une solution, sinon parfaite, du moins préférable au maintien des armées permanentes.

La nouvelle force ainsi créée pourrait-elle se passer d’instructeurs, de cadres, disons le mot qui détonne chez des anarchistes, de chefs ? Ce n’est guère admissible ; des milliers et même des millions de combattants, éparpillant confusément leurs efforts,