Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/169

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criblent le pouvoir de leurs fines attaques.

Enfin, l’empire est à terre ! à terre la censure et les tribunaux ! l’art va être libre… non, pas encore : ce n’est la vraie révolution, les hommes seuls ont changé. Mais n’importe, une bouffée d’air frais passe sur les fronts alourdis. Malgré la chute de la Commune, de la Commune qui compta tant de beaux talents : le peintre Courbet, le poète Vermersch, le chansonnier Pottier, le réaliste Vallès, le romantique Pyat, le sincère Vermorel, l’élégant Grousset ; malgré la répression, l’état de siège, le retour offensif de la littérature vénale, on se détache des vieilles idoles. On commente Darwin, on lit Büchner, on délaisse les froids rabâchages, on cherche l’art dans la vie et la science dans l’observation. Zola et les naturalistes livrent une guerre à mort aux romantiques : sous leurs coups, la vieille ferblanterie vole en éclats. Démolisseurs avant tout, ils manient la plume brutalement, comme une massue : on sent qu’on n’est encore qu’à une époque de transition.