Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/171

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Il en est de même pour les sciences. Qu’on n’argue pas de quelques princes philosophes tenant en laisse des savants dans leur ménagerie : découplés, ces savants eussent peut-être été plus redoutables. Faut-il rappeler le grand nombre des inventeurs méconnus, repoussés par la routine des corps officiels : Jacquart, Cugnot, Fulton ; les Aristarque, les Colomb, les Vésale, les Palissy et les Galilée persécutés ; les autres, comme Cuvier, achetés pour concilier ce qui est inconciliable : la science et la foi ?

L’ignorance des masses fait la force des gouvernants ; de tout temps, la grande question a été de soustraire au peuple les bribes du savoir humain. Profane qui osait

    auquel ils sont attachés. Quel soin peut apporter à son travail l’apprenti serrurier, qui, regardant une statue ou un tableau, a senti s’éveiller en lui le goût des beaux-arts, tandis que tel autre enfant, mis à l’école de dessin, ne fera jamais qu’un artiste médiocre et eût pu faire un excellent serrurier ? Que de forces, de talents ainsi inutilisés, contrariés, perdus !