Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/205

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avoir immolé à ses meurtriers les meilleurs amis du peuple.

Le christianisme a déjà jeté son cri désolant : « Résignation ! » cri funèbre qui retentira dans toute la nuit du moyen-âge et courbera les déshérités jusqu’au jour où une autre voix, celle de la conscience humaine, leur criera : « Révolte ! » Trahissant l’espoir des masses opprimées, il s’allie aux Césars, persécuteurs de la veille, fait la courbette aux Barbares, dominateurs de demain.

Cette rencontre du christianisme et des barbares fut un des plus grands événements historiques. Sans le christianisme, les Barbares eussent trouvé l’empire romain plus compact, plus apte à se défendre ; sans les Barbares, le christianisme, diversement interprété par les philosophes, déjà sophistiqué par la foule des docteurs et des évêques, eût périclité ou végété modestement jusqu’au jour où sa fusion avec le paganisme se serait accomplie. Mais voici que tout un monde de sauvages ignorants et crédules se précipite sur l’Europe. Et, à mesure que le