Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/249

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


lousie du travailleur des villes, écrasaient sous leur nombre toutes les tentatives généreuses de ces derniers. Chair exploitable à merci par le hobereau, le fonctionnaire et le grand propriétaire, les ruraux, masse enténébrée, longtemps n’agissant que sous l’impulsion du maire et du curé, ont, depuis la révolution, soutenu de leurs votes tous les régimes réactionnaires. De là un éloignement marqué de la démocratie bourgeoise pour les paysans : n’ayant guère de suffrages à en attendre, les républicains chercheurs de sièges législatifs négligeaient les campagnes.

Mais ceux qui évoquent la grande transformation sociale et non la conquête d’un mandat se rendent compte qu’un nouveau régime économique ne serait pas viable s’il voyait, dès son avènement, se dresser contre lui, comme autant de Vendées, la contre-révolution paysanne. Le laboureur au cerveau jusqu’ici déprimé par le dur travail de la glèbe et surtout le manque d’impressions variées, n’a, dit Michelet, qu’une idée tous