Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/250

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les mille ans. Celle qu’il poursuit obstinément à l’heure actuelle, c’est la conquête de la terre, de cette terre que 1789 lui a donnée nominalement, mais qu’une nouvelle féodalité est en train de lui ravir.

Étant donné cet état d’esprit, on concevra que le paysan ait toujours prêté l’oreille aux calomnies qui lui représentaient les « rouges » comme des pillards avides de se partager ses dépouilles — maigres dépouilles ! Au lieu de voir son ennemi naturel là où il est, il se trouvait toujours prêt à s’incliner devant le seigneur terrien ou le satrape gouvernemental et à saisir sa fourche pour courir sus au communiste.

Peu à peu les anarchistes ont compris et ensuite expliqué à l’agriculteur propriétaire d’un maigre lopin qu’il cultive seul ou avec sa famille qu’il n’était nullement question de l’exproprier, mais au contraire d’exproprier au bénéfice de tous, petits cultivateurs et déshérités, l’oisif détenteur de la grande propriété foncière et de former de celle-ci un patrimoine commun à côté des