Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/259

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abdiqué et sans cesse elle ressasse sa phrase bête : « Cela a toujours été, cela sera toujours. » Les clairvoyants, les chercheurs n’ont qu’à aller de l’avant, sans s’arrêter aux ricanements de monsieur Prudhomme, quelquefois déguisé en âne savant, mais aussi en se garant, autant que possible de toute glissade dans le champ, sans cesse ouvert, de la foi aveugle et de la folie.

Il est indéniable que l’éducation religieuse et l’atavisme ont entretenu chez l’homme, même chez celui qui lutte le plus énergiquement contre ces influences un grand fond de mysticisme. Pour beaucoup de socialistes et d’anarchistes, la révolution est une sorte de divinité qui doit, à un moment donné, apparaître et, par sa propre force, transformer le monde. Les commémorations de la semaine sanglante, de la mort de Blanqui, Eudes, des martyrs de Chicago, d’Auguste Vaillant ont, à maintes reprises, revêtu un caractère religieux, donné lieu dans les cimetières à des défi-