Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/29

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montre comme des ennemis ou tout au moins comme des suspects, les hommes vivant de l’autre côté de la frontière.

Ainsi, de la révolution de 89, ce qui est juste, logique et qui restera, c’est l’affirmation des droits de l’homme, de la liberté de l’individu au sein de la société. Ce qui, au contraire, est faux et destiné à s’évanouir au souffle du progrès, c’est la constitution d’un fonctionnarisme oligarchique et l’établissement d’un despotisme plus dangereux que le despotisme monarchique parce qu’il est insaisissable et impersonnel : celui de la loi. Les lois, considérées à tort comme la sauvegarde de la liberté, en sont au contraire les pires ennemies, puisqu’elles enchaînent indéfiniment, non seulement les censés contractants, mais même des générations à venir et que ces lois, fussent-elles au moment de leur promulgation, justes, merveilleuses, divines, deviendront forcément oppressives à une époque où les hommes, les mœurs et les idées auront changé, la mobilité incessante étant le propre de l’humanité.