Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/30

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Il faut en finir avec cette fable de l’humanité dominée et enchaînée par des principes éternels : patrie, religion, propriété, famille, mariage. S’ils sont immuables, leurs défenseurs n’ont pas à s’alarmer de nos attaques. Mais l’histoire nous montre qu’ils ont constamment varié selon les temps et les lieux. La patrie, où était-elle lorsque, aux débuts de l’humanité, nos ancêtres vivaient dans des grottes obscures ? La religion n’existait pas davantage ; il n’y avait que l’ignorance des phénomènes naturels qui devait, hélas ! faire passer l’homme par tant de phases : fétichisme, sabéisme, polythéisme, monothéisme, avant de lui faire entrevoir les réalités de la philosophie expérimentale.

La propriété a, tour à tour, été familiale, féodale, monarchique et individuelle. La famille a été patriarcale, matriarcale, despotique selon la forme grecque, romaine ou chrétienne. Le mariage a été amorphe (promiscuité), polygamique, monogamique, polyandrique (il l’est encore dans les îles