Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/48

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Un jour viendra où les peuples européens se trouveront face à face avec la race jaune réveillée de sa léthargie. Sans qu’il soit besoin de guerres ou de conquêtes, par le seul fait d’une expansion inévitable, cinq cents millions d’inconscients à face humaine prosternés devant leurs dragons et leurs idoles, léchant la poussière aux pieds de leurs rois, remplaçant la femme par l’homme et la philosophie par le monosyllabisme, menaceront de déborder sur l’Europe. Ce sera un choc redoutable ; si nos petits-fils n’ont pas ce levier puissant, la conscience et la liberté de l’individu, comment pourront-ils réagir contre un nouveau moyen-âge, endiguer le torrent et faire triompher la civilisation ? À la suprématie du nombre qu’opposer sinon l’inviolabilité de l’être ? Comment combattre le fléau des vieux préjugés, des vieilles religions qui ont momifié l’Orient, le bouddhisme, frère du christianisme, si ce n’est par l’impitoya-

    de ses tendances mystiques, fait presque toujours œuvre d’anarchiste.