Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/51

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La religion ?

Il n’est pas sans étrangeté de voir les voltairiens qui ont supprimé Dieu pour leur usage personnel, préconiser son maintien ou même son invention pour l’usage du peuple. « À celui-ci, estiment-ils, il faut, ainsi que pour les enfants (et le peuple est-il autre chose qu’un éternel enfant) une religion »… Ils n’ajoutent pas mais ils pensent : « qui fasse supporter patiemment aux damnés de ce monde leur enfer terrestre en leur montrant au bout de cet enfer un paradis imaginaire. »

Les anticléricaux bourgeois de la troisième république, beaucoup plus préoccupés de conquérir le pouvoir que de défricher les intelligences populaires, n’abordèrent la question que par ses très petits côtés, combattant le culte officiel non dans son essence constitutive, mais seulement dans sa forme accessoire et à travers la vie de ses ministres, hommes ni meilleurs ni pires que d’autres. Ils attaquèrent le curé, ce qui eût été excellent s’ils se fussent