Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/75

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la soumettre au despotisme de son mari. Malheur à celle dont la bonne foi aura été surprise, qui aura épousé un brutal ou un débauché ; la loi est formelle : « La femme doit suivre son mari partout où il résidera. » Ruinée, maltraitée, elle ne pourra quitter le domicile conjugal tant que la Justice (!), après beaucoup de lenteurs et beaucoup de frais, ne lui aura pas octroyé le divorce ou la séparation.

Comme conséquence, la femme, annihilée par la loi, livrée par un code d’un autre âge au bon plaisir du mari, cherche à lutter contre la force par la ruse ; elle devient astucieuse, revêche, souvent perfide. Dans cet état d’antagonisme ouvert ou latent, elle se dépouille de tout ce qui fait le charme de son sexe.

La raison et la dignité sont pour l’union libre ; bien mieux que le mariage légal, elle entretient l’affection et réveille l’amour. De tous temps, le sentiment humain, plus fort que les préjugés, n’a-t-il pas chéri ces types d’amoureux illégitimes transmis par l’his-