Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/77

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che est absolument faux : rien ne différerait plus qu’une société où régnerait l’amour libre, sincère, désintéressé, de ces repaires tolérés par l’État où des exploiteurs s’enrichissent en forçant des malheureuses à subir des caresses tarifées.

Il fut un temps où l’on enseignait que, pour plaire à Dieu, il fallait se priver de manger quand on avait faim et de boire quand on avait soif, qu’il fallait aller pieds nus, se vêtir de haillons et coucher sur la dure. Pour achever de dégrader la pauvre bête humaine, on lui prêchait la chasteté à outrance, le renoncement à la femme. Cela nous a donné le moyen-âge, l’abrutissement de l’Europe pendant onze siècles. Aujourd’hui, la lutte est entre ceux qui cherchent à continuer le passé et ceux qui veulent l’émancipation intégrale de l’individu. Émanciper l’individu, c’est augmenter sa valeur en donnant à ses aptitudes, à ses facultés, toute leur somme de développement.

C’est, au contraire, en comprimant ou en contraignant les sens qu’on arrive à les