Page:Mallarmé - Œuvres complètes, 1951.djvu/1064

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forêt, IIill, colline, Wood, bois; ou Fleming. flamand, Scott, pour Scotch, écossais, tous vocables saxons, devenus Noms Propres. Butler, Steward, Carpenter, Smith et Turner, eux, veulent dire sommelier, charpentier, ■— febvre (comme dans orfèvre) et tourneur, noms que nous possédons aussi, avec ou sans l’article; quant à Fletcher, c’était le faiseur de flèches, Lyster, le teinturier, Baxter, le boulanger : de jadis ou de tard, que l’origine en soit saxonne ou française. Black, c’est Noir ou Lenoir, Brown, Brun ou Lebrun, White, Blanc ou Leblanc, Reid, pour red, Lerouge, etc., Little, Petit, Strong, Lefort, Young et Good, Lejeune et Lebon, et Auld, pas autre chose qu’ÛLD, vieux. Richard, Adam et John, se perpétuent en tant que Richards, Adams et Johns, du chef de famille à ses héritiers; ou, avec le Suffixe SON, Richardson, Adamson, Johnson, FIarrison, représentant Harry’s son, ou le fils d’Harry, lui-même un diminutif d'Henry. Pour ne rien omettre, il faut citer, à la suite de ces noms, le mac écossais, qui fut celtique, de Mac-Donald, etc. ; et le P — initiai gallois, abréviation d’AP, fils, dans Prit-chard, pour ap-Richard : qui traduit absolument le fitz normand, notre fils, ex. Fitz-James, fils de Jacques. Quant à 1’0 irlandais, je l’isole exprès : car il signifie petit-fils dans O’Connel ou O’Nore. Certains ne sont visiblement que des Noms étrangère, acclimatés : mais on citera, au nombre de ceux dont la langue, à divers âges ou dans ses patois, ne présente pas l’explication, Dudgeon, épée, en Gallois; Todd, renard, en Écossais; Lloyd, gris, Bain, blanc, Dow, noir, et Don ou Dun, brun, en Gaélique ou Celte : vieilles appellations encore traditionnelles. Que plusieurs noms de Familles concourent souvent à désigner une seule personne, soit à la suite d’adoptions (c’est le cas d'Edgar Allan Poe) ou d’hymens sanctionnés par quelque raison sociale, etc. : ces faits dépendent de la Grammaire, plutôt que du Lexique; et je ne m’y arrête pas, de crainte que l’énoncé de l’inextricable Code, régissant la transmission des Noms dans les familles nobles, ne prolonge à l’excès ce bref Appendice. Une nomenclature exacte des Noms de Baptême ou Christian naines reproduirait presque tous les cas analysés dans l’étude de la Langue : il y en a surtout de saxons et de français, les mêmes à la fois, souvent; et tous ceux de nos Prénoms qui ne sont point classiques, mais sont germaniques, se retrouvent ici et là. Des principaux seuls, suit la liste; où l’on remarquera parfois une Terminaison Latine étrange à côté d’un Corps de Mot barbare : réminiscence du moyen-âge. Alaric, Attila, Canute, Conrad, Hilde-brand, Tancred, etc., ces Noms appartiennent à l’histoire