Page:Mallarmé - Œuvres complètes, 1951.djvu/1219

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ressemble de si près, que toutes deux peuvent être regardées comme la même déité. Différence entre Athéné et Minerve : l’idée de la déité latine est bien plus élevée que celle de la grecque. Tandis que le nom d’Athéné comporte simplement une notion de splendeur extérieure, et non pas mentale, celui de Minerve, comme le latin mens, le grec menos, indique la « pensée » ou la « sagesse »; il se rattache, à vrai dire, aussi au latin mane, le matin, et matuta, l’aurore. Antérieurement, dès les hymnes védiques, on parle de l’Aurore qui éveille chaque mort et le fait marcher, et reçoit les louanges de tout « penseur ». Comme telle, c’est strictement parlant la Monela, nom que les Latins donnaient à Junon. L’ARÈS GREC ET LE MARS LATIN rès. -- Arès, fils, selon certains contes, de Zeus et de /X Héré, est le dieu du bruit et du tumulte des combats, plutôt que de la guerre elle-même, à moins qu’on 11e regarde la guerre simplement comme le désir de combattre, car il n entre pas d’idée plus haute dans la notion générale d’Arès. Ce dieu change capricieusement de camp, et prend même plaisir à infester les hommes de maux et d’épidémies. La figure d’Arès ne nous apparaît pas d’une vraie hauteur dans la tradition grecque; non : Arès a fréquemment le dessous et, quand il est blessé, sa clameur est aussi vaste que celle de neuf ou dix mille guerriers. Sa stature physique est donc énorme, et il possède une grande dimension corporelle : abattu sur le champ de bataille, son corps couvre, dit-on, de nombreux arpents de terrain. Étudions comme toujours le nom du dieu : il vient de la même racine que le mot latin Mars et que les Maruts de la mythologie indienne, et signifia < moudre » ou « écraser ». A quoi ce nom s’appliqua-t-il d'abord ? Aux orages qui mettent la confusion dans les cieux et la terre; et c’est de là que l’idée d’Arès se limite au simple désordre et au tumulte. Le nom d’Arès est principalement lié au nom d’une déesse, Aphrodite, de qui l’on dit qu’il obtint l’amour. Mais celle-ci semblant favoriser Adonis, jaloux, il se changea, selon quelques versions, en un sanglier qui meurtrit le malheureux jeune homme. Un tribunal à Athènes portait le nom d’Arès : celui de l’Aréopage, parce qu’il était bâti sur la colline elle-même qui portait le nom de ce dieu. La légende veut en effet qu’Ârès, meurtrier de Halirrhothios, fils de Poséidon, ait été accusé par ce dernier devant les dieux olympiens. Le guerrier céleste se vit acquitté, et le tribunal reçut son nom. Mars. — Mars, lui, est le dieu latin de la guerre; mais