Page:Mallarmé - Œuvres complètes, 1951.djvu/1571

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dernier saltimbanque et ce dernier débris des vieux âges, tout cela forme un tableau étrange d’une rare et vraie beauté, un de tes chefs-d’œuvre et que j’ai montré à tout le monde, mais ne puis plus montrer à personne, Coligny me l’ayant emporté pour PArtiste. » Dans le souvenir un peu vague que Cazalis a, alors, gardé de sa lecture, on reconnaît le Phénomène futur. Ce poëme ne parut pas dans P Artiste, mais onze ans plus tard seulement dans la République des Lettres. Ce n’est donc pas par leur date de publication que l’on peut présumer de l’époque où furent composés ces divers poemes. Lf Démon de l'analogie nous en fournit une autre preuve. Ce poëme ne parut qu’en 1874 dans la Rente du Monde Nouveau ; nous avons cependant la preuve formelle qu’il était composé bien avant, puisqu’il faisait partie des « quelques poemes en prose » que Mallarmé envoya à Villiers de l’Islc-Adam pour la Revue des Lettres et des Arts. Le 27 septembre 1867, cclui-ci lui écrivait : « Je viens de lire vos admirables poemes en prose ! Je lirai samedi, c’est-à-dire demain soir, à 9 heures et demie chez [Leconte] de Lisle le Démon de l’analogie que j’étudie profondément. » La correspondance échangée entre Mallarmé et ses amis ne contient, à notre connaissance, d’autre allusion à ces poemes en prose qu’un passage d’une lettre de Théodore de Banville du 31 mars (1865) où il dit : « J’ai trouvé le plus grand charme à la lecture de vos poemes en prose qui ont une saveur si pénétrante et qui me prennent, comme tout cc que vous faites, par une sincérité d’impression délicieuse. Je les ai portés tout de suite à la Revue de Paris, mais paraîtront-ils ? » Ils n’y parurent pas : la revue cessant sa publication vers ce moment. Le titre que le poëte leur donna, des 1867, Pages oubliées, donne à entendre que déjà, à cette époque, il les considérait comme des œuvres anciennes. Ces douze poèmes peuvent former, au regard de leur création, deux groupes : L’un, datant de 1864, comprend sept de ces poërnes : Plainte d'Automne (d’abord appelé l'Orgue de Rarharie); Frisson d'Hiver (d’abord, Causerie d'Hiver); Réminiscence (d’abord, POrpbe-lin) ; Pauvre enfant pâle (d’abord, la Pète) ; la Pipe, le Phénomène futur, le Démon de P Analogie. L’autre, d’un style visiblement différent, comprend quatre poemes qui ne durent pas être composés longtemps avant leur publication et qui sont : Lr Nénuphar blanc, paru dans P Art et la Mode du 22 août 1885; la Gloire, dans les Hommes d'au jour d'hui en 1886; PF.cclésiastique, dans la Gaz^getta letteraria, en décembre 1886; la Déclaration foraine, dans P Art et la Mode du 12 août 1887. Entre ces deux groupes, un poëme, un Spectacle interrompu, publié à une date intermédiaire en 1875, participe par son style de l’une et l’autre période, et il est malaisé de dire si nous nous