Page:Malot - En famille, 1893.djvu/171

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Malot - En famille, 1893 p171.jpg

XIV

___

Enfin elle se décida à quitter sa place ; la nuit tombait, et déjà dans l’étroite vallée comme plus loin dans celle de la Somme, montaient des vapeurs blanches qui flottaient légères autour des cimes confuses des grands arbres ; des petites lumières piquaient çà et là l’obscurité s’allumant derrière les vitres des maisons, et des rumeurs vagues passaient dans l’air tranquille mêlées à des bribes de chansons.

Elle était assez aguerrie pour n’avoir pas peur de s’attarder dans un bois ou sur la grand’route ; mais, à quoi bon ! Elle possédait maintenant ce qui lui avait si misérablement manqué : un toit et un lit ; d’ailleurs, puisqu’elle devait se lever le lendemain tôt pour aller au travail, mieux valait se coucher de bonne heure.