Page:Manifeste du Club national démocratique, 1849.djvu/22

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ment en faveur de la cause démocratique ; car la vapeur de sang qui s’est élevée des abattoirs humains du royalisme constitutionnel a formé un nuage trop sombre et trop dense, pour qu’il ne retombe pas un jour à venir sur le front des nobles bouchers qui président à ces enclos du carnage.

Maintenant, les hommes qui prennent le hasard pour la providence, l’exception pour la règle, et qui réprouvent une cause comme impie et injuste, parce que de forts obstacles en empêchent l’établissement immédiat, ces hommes, disons-nous, ont anathématisé le républicanisme parce que le royalisme est souvent parvenu à le renverser ou à le comprimer… Raisonner ainsi, c’est tout d’abord prendre le fait pour le droit ; puis c’est oublier qu’on doit nécessairement s’attendre à rencontrer des obstacles, à essuyer des revers, quand on veut appliquer des principes aussi tranchés, et aussi profondément réformistes que ceux de la démocratie moderne.

Quand le mot de république tonne pour la première fois au milieu d’un peuple endormi depuis des siècles sous le régime monarchique, il est de la nature d’une société comme de celle d’un individu, qu’il se déclare aussitôt une opposition presque machinale chez un grand nombre d’hommes, à sortir de cette somnolence politique, dans laquelle on végétait de temps immémorial.

Un peuple renferme toujours au milieu des individus qui le composent, bon nombre d’hom-