Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/25

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— Comment le savez-vous ?

— Oh ! Que j’aime cette réponse…

Je ris à belles dents. Bon ! le visage de Julien s’empourpre de couches successives de rouge, comme ces fonds de décor où le chef électricien fait des essais d’éclairage. Sa confusion redouble ma gaieté. Dangel dit très vite :

— Ne croyez pas que ce soit par fatuité que j’aie laissé échapper une phrase… naïve… Ma famille m’a fiancé à une petite fille qui s’est éprise sincèrement, profondément… simplement parce que je fus le premier à lui débiter des fadeurs. Je suis tellement sûr de l’amour de cette enfant que, lorsque vous m’avez dit : « Elle vous adore… » j’ai été tout surpris : il m’a semblé que vous la connaissiez…

— Non, je l’avais seulement jugée sur votre mine.

Le voici qui rougit de nouveau : ces épidermes de blonds sont d’une finesse ! Mais un remous nous sépare. Les danseurs s’éparpillent, devant les domestiques qui installent tout autour du hall les petites tables du souper. Les couples s’appellent, se cherchent… Je proportionne le nombre des tables à celui des invités en m’arrangeant de manière que l’on soit forcé