Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/28

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voilà comment j’ai perdu mon pari, madame, puisque je suis en face de vous. Le peintre Watelet ne vous a pas avantagée, je le constate avec bonheur.

Je suis stupéfaite : de quelle façon Landry s’est-il procuré mon portrait ? La toile était dans l’atelier de Watelet, avant-hier… Le peintre devait achever certains détails de costume et me faire livrer le tableau demain, à l’hôtel… Colin avait assisté à plusieurs séances de pose, s’était extasié sur la ressemblance, mais rien n’avait pu laisser croire qu’il désirât le posséder… Watelet aurait-il commis une erreur ? Peu probable… J’éclaircirai ce petit mystère.

En attendant, je souris doucement à Léon Brochard : son admiration m’enchante. Je me rappelle Jane Percy, de la Comédie-Française ; Zizi Ninon, la plus belle fille du siècle précédent ; et la duchesse de Béryl, et Bobette, et Maximilienne… Toute cette légende d’aventures galantes que raconte le visage fripé du célèbre vieillard.

Je ne vois plus les rides de Brochard, j’oublie ses soixante-cinq ans, je pense seulement : « C’est un homme illustre, et il me trouve plus