Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/399

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Bon Dieu ! Que tous ces gens-là éprouvent le besoin d’affirmer leur sincérité !

Encore une carte : « Monsieur et madame Georges Lévy prient monsieur et madame Paul Bernard de leur faire l’honneur… » — Une invitation à dîner ! C’est le comble.

Tendrement railleuse, j’épie la mine déconfite de Paul. Mon mari s’écrie drôlement :

— Eh bien ! Dire que je croyais me mettre au ban de la société, en t’épousant ! J’ai joliment réussi.

— Pauvre ami ! Moi, je me doutais de tout, va ! Tu as escompté les préjugés stupides de tes pairs, mais tu n’as pas prévu au delà… Il est une idole encore plus puissante que le respect humain. Certes, tu as perdu un peu d’honorabilité, en te remariant, mais as-tu perdu une bribe de ta fortune ? Non. Alors ?… Malgré ta déchéance, malgré ton audace, malgré… Moi, enfin !… Résigne-toi à traîner éternellement à ta suite le vil troupeau des adulateurs…

Est-ce que les hommes regardent s’il y a de la boue par terre, lorsqu’ils se prosternent devant le Veau d’Or ?


FIN