Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/73

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voir… que je suis avec le rapporteur de la commission.

Le domestique sort. Léon prend ma taille, m’attire à lui d’une étreinte passionnée… J’interroge, rieuse :

— Vous n’avez pas honte ? C’est ainsi que vous vous comportez avec le rapporteur de la commission !

— Moqueuse ! Riez encore… Vous êtes si jolie quand vous montrez vos dents, jeune panthère.

Je songe à Landry Colin : il serait exultant d’espoir, s’il nous voyait… Brochard me tient contre lui, comprimée dans l’étau de ses muscles encore vigoureux et de ses os durcis. Ses yeux s’allument de petites flammes, son teint pâlit, un tremblement imperceptible fait frissonner sa moustache. Je m’arc-boute à son genou ; mes seins s’écrasent sur son veston, et mes boucles folles chatouillent sa bouche d’un frôlement de choses blondes.

Certes, à cet instant, Léon Brochard signerait tous les traités d’amitié du monde, si c’était sur mes lèvres qu’il s’agît de parapher son dévouement pour Landry Colin !

Toc, toc !… Encore ? La porte s’ouvre, livrant