Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/82

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de chambre referme sur moi, je pouffe toute seule, repensant au vieux monsieur que je viens de voir sans caleçon. Mon hilarité provoque des gestes gamins que les glaces me renvoient, et je dégringole deux marches à la fois, sautant comme une chèvre sur le palier du premier étage, où je heurte un individu qui arrive pesamment, en sens inverse. Je murmure :

— Pardon, monsieur…

— Tiens, Nicole ! s’exclame le bousculé.

Je lève les yeux ; je reconnais Landry Colin. Parbleu, il monte à l’appartement du dessus !

Le banquier me considère une minute, silencieux, stupéfait, enchanté. Enfin, il dit d’un air attendri :

— Nicole, serait-ce possible !… Vous descendez de chez ?… Vous avez été chez ?… Oh !… Oh ! Je suis touché vraiment, touché. Et, il y a longtemps que ?… Vous avez déjeuné ensemble, sans doute. Ma chère Nicole, décidément, vous êtes une femme sérieuse… C’est bien, ça… Merci.

Colin me gratifie d’une virile poignée de main.

Je continue mon chemin, sans répondre. Landry Colin me suit, insiste :