Page:Marais - Pour la bagatelle.djvu/41

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l’emportait vers le Palais-Bourbon, elle voulut analyser l’état d’âme où la mettait son premier rendez-vous et fut surprise de se sentir la conscience tranquille, le cœur ne battant pas plus qu’à l’ordinaire, sans fièvre et sans émotion. Elle pensa : « C’est drôle : on dirait que j’ai l’habitude. » Et son étonnement l’incita à réfléchir qu’à force de voir des comédies de mœurs — de mauvaises mœurs — et de lire des romans d’adultère où, sans effort, elle s’identifiait à l’héroïne coupable, elle avait l’impression d’avoir déjà trompé son mari au cours d’une existence fictive ; — et de « recommencer » alors quelle allait seulement commencer.

À la petite porte d’entrée, un huissier prit la carte de Simone et fit passer la jeune femme dans un salon d’attente où se trouvaient déjà quelques personnes. À côté d’une femme en deuil, assise dans un coin, avec une allure quémandeuse de veuve désolée, deux jolies files parées, parfumées, pim-