Page:Marguerite de Navarre - L’Heptaméron, éd. Lincy & Montaiglon, tome II.djvu/283

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Un curé, surprins par le trop soudain retour d'un laboureur avec la femme duquel il faisoit bonne chere, trouva promptement moyen de se sauver aux despens du bon homme, qui jamais ne s'en apperceut.

En la conté du Maine, en ung villaige nommé Carrelles, y avoit ung riche laboureur, qui en sa viellesse espousa une belle jeune femme, et n'eut de luy nulz enfans; mais de ceste perte se reconforta à avoir plusieurs amys. Et, quant les gentilz hommes et gens d'apparance luy faillirent, elle retourna à son dernier recours, qui estoit l'eglise, et print pour compaignon de son peche celluy qui l'en povoit absouldre: ce fut son curé, qui souvent venoit visiter sa brebis. Le mary, vieulx et pesant, n'en avoit nulle doubte; mais à cause qu'il estoit rude et robuste, sa femme jouoit son mistere le plus secretement qu'il luy