Page:Marguerite de Navarre - L’Heptaméron, éd. Lincy & Montaiglon, tome II.djvu/43

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Treiziesme nouvelle

Un capitaine de galeres, fort serviteur d’une dame, lui envoya un dyamant qu’elle renvoya à sa femme, et le feit si bien profiter à la decharge de la conscience du capitaine, que, par son moyen, le mary et la femme furent reunis en bonne amytié.

En la maison de madame la Regente, mere du Roy François, y avoit une dame fort devote, maryée à un gentil homme de pareille volunté, et, combien que son mary fust viel, et elle, belle et jeune, si est ce qu’elle le servoit et aymoit comme le plus beau et le plus jeune homme du monde. Et, pour luy oster toute occasion d’ennuy, se meist à vivre comme une femme de l’aage dont il estoit, fuyant toute compaignye, accoustremens, danses et jeuz, que les jeunes femmes ont accoustumé d’aymer; mectant tout son plaisir et recreation au service de Dieu. Parquoy, le mary meist en elle une si grande