Page:Marivaux - Œuvres complètes, édition Duviquet, 1825, tome 2.djvu/357

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Je ne sais que penser de cette figure-là, je ne sais ce qui lui manque, elle a quelque chose d’insipide.


Églé

Elle est d’une espèce qui ne me revient point.


Adine

A-t-elle un langage ?… Voyons… Êtes-vous une personne ?


Églé

Oui assurément, et très personne.


Adine

Eh bien, n’avez-vous rien à me dire ?


Églé

Non, d’ordinaire on me prévient, c’est à moi qu’on parle.


Adine

Mais vous n’êtes pas charmée de moi ?


Églé

De vous ? C’est moi qui charme les autres.


Adine

Quoi ! Vous n’êtes pas bien aise de me voir ?


Églé

Hélas ! Ni bien aise ni fâchée, qu’est-ce que cela me fait ?


Adine

Voilà qui est particulier ! Vous me considérez, je me montre, et vous ne sentez rien ? C’est que vous regardez ailleurs ; contemplez-moi un peu attentivement, là, comment me trouvez-vous ?


Églé