Page:Marivaux - Œuvres complètes, édition Duviquet, 1825, tome 2.djvu/511

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SCÈNE IV.


BLAISE, recommençant.

Eh bian ! Colette était donc avec vous, Monsieur Merlin ?


MERLIN

Oui, nous ne faisions que de nous rencontrer.


BLAISE

On dit pourtant qu’ous en êtes amoureux, Monsieur Merlin, et ça me chagrine, entendez-vous ? Car elle sera mon accordée de mardi en huit.


COLETTE, se levant et interrompant.

Oh ! Sans vous interrompre, ça est remis de mardi en quinze ; et d’ici à ce temps-là, je varrons venir.


MERLIN

N’importe, cette erreur-là n’est ici d’aucune conséquence. (Reprenant la scène) Qui est-ce qui t’a dit, Blaise, que j’aime Colette ?


BLAISE

C’est vous qui le disiais tout à l’heure.


MERLIN, interrompant la scène.

Mais prends donc garde ; souviens-toi encore une fois que tu n’y étais pas.


BLAISE

C’est donc Mademoiselle Lisette qui me l’a appris, et qui vous donne aussi biaucoup de blâme de cette affaire-là ? Et la velà pour confirmer mon dire.


LISETTE, d’un ton menaçant et interrompant.

Va, va, j’en dirai mon sentiment après la comédie.


MERLIN

Nous ne ferons jamais rien de cette grue-là ; il ne saurait perdre les objets de vue.