Page:Marivaux - Œuvres complètes, édition Duviquet, 1825, tome 2.djvu/515

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SCÈNE V.


MERLIN

C’est qu’il s’agissait d’un petit dessein que… nous avions d’une petite idée qui nous était venue, et nous avons de la peine à faire un ensemble qui s’accorde. (Montrant Éraste.) Monsieur vous dira ce que c’est.


ÉRASTE

Madame, il est question d’une bagatelle que vous saurez tantôt.


MADAME ARGANTE

Pourquoi m’en faire mystère à présent ?


ÉRASTE

Puisqu’il faut vous le dire, c’est une petite pièce dont il est question.


MADAME ARGANTE

Une pièce de quoi ?


MERLIN

C’est, madame, une comédie, et nous vous ménagions le plaisir de la surprise.


ANGÉLIQUE

Et moi, j’avais promis à madame Amelin et à Éraste de ne vous en point parler, ma mère.


MADAME ARGANTE

Une comédie !


MERLIN

Oui, une comédie dont je suis l’auteur ; cela promet.


MADAME ARGANTE

Et pourquoi s’y battre ?


MERLIN

On ne s’y bat pas, madame ; la bataille que vous