Page:Marivaux - Œuvres complètes, édition Duviquet, 1825, tome 2.djvu/523

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
513
SCÈNE IX.


MADAME AMELIN

Ce qu’il en dit ? En êtes-vous en peine ?


ARAMINTE

Il ne répond pourtant rien.


MADAME AMELIN

C’est d’étonnement et de joie, n’est-ce pas, mon neveu ?


ÉRASTE

Madame…


MADAME AMELIN

Quoi ?


ÉRASTE

On n’épouse pas deux femmes.


MADAME AMELIN

Où en prenez-vous deux ? On ne vous parle que de madame.


ARAMINTE

Et vous aurez la bonté de n’épouser que moi non plus, assurément.


ÉRASTE

Vous méritez un cœur tout entier, madame ; et vous savez que j’adore Angélique, qu’il m’est impossible d’aimer ailleurs.


ARAMINTE

Impossible, Éraste, impossible ! Oh ! Puisque vous le prenez sur ce ton-là, vous m’aimerez, s’il vous plaît.


ÉRASTE

Je ne m’y attends pas, madame.


ARAMINTE

Vous m’aimerez, vous dis-je ; on m’a promis votre