Page:Martel - Les Cévennes et la région des causses, 1893.djvu/222

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De Gormès (7 kil. de Madières ; 446 hab. la comm., 159 aggl.), on fait en deux à trois heures la rude et chaude escalade du Roc Blanc, très pauvre en chemins frayés. Le panorama en est splendide : à l’ouest, le cañon béant de la Vis et l’immense Larzac ; au nord, les monts du Vigan, que l’Aigoual couronne comme un diadème ; au nord-ouest, le soleilleux bassin de Ganges, dont la verdeur et l’industrieuse animation contrastent profondément avec les roches chauves et désertes d’alentour ; ou sud-est, plusieurs plans : d’abord le secret ravin du Buèges, en contrebas de 600 à 700 mètres ; puis le plateau du causse

Cascade de la Vis, à Novacelle. — Phot. Chabanon. (Communiqué par le Club alpin.)


de la Selle, qui sépare le Buèges de l’Hérault ; ensuite la gorge moyenne du fleuve ; enfin les plaines de Montpellier, à l’entrée desquelles se dresse la corne aiguë du pic Saint-Loup (633 m.); au sud, la Méditerranée (à 11 lieues seulement) et le ciel confondent leurs deux bleus jumeaux dans la courbe d’un horizon distant de 117 kilomètres.

La Séranne est aujourd’hui très dénudée, privée de ses forêts de chênes blancs, que les charbonniers ont toutes consumées ; le buis seul y reste vivace et pousse en véritables arbres ; coupé, toujours il se reforme, en deux ans à peu près. Il ne compense pas toutefois la suppression des chênes et des frênes. Par la crête même de la Séranne et le village de Cazillac, on peut descendre tout droit à Ganges.

Cependant là Vis vaut bien d’être suivie jusqu’au bout.