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le gévaudan

« centes, depuis la fondation jusqu’au complet achèvement, et l’ont dédié (à leurs enfants). »

« À cela se réduit la fable propagée par le P. Louvreleul, qui, sur on ne sait quelle donnée, avait publié que c’était le tombeau de Munalius Plancus, fondateur de Lyon, fable répétée par presque tout le monde et dans tous les Guides, faute de contradiction sérieuse.

« La ruine est venue au ve ou vie siècle, par suite de l’abandon, par suite de la chute des charpentes, qui entraîna les murailles ; cette ruine a été achevée certainement, peut-être même provoquée, par le ravin voisin, qui, descendant rapidement de la montagne, a amené dans cette partie de la vallée 3 ou 4 mètres d’argile ; la poussée des terres a dû être irrésistible, car elles recouvrent actuellement la plus grande partie de ce bel édifice.

« Au commencement de ce siècle, le tombeau des enfants de L. Julius Bassianus était encore enterré jusqu’au niveau du linteau de la porte d’entrée, et de temps à autre, il servait d’abri aux bohémiens, diseurs de bonne aventure et montreurs d’ours.

« Son ancienneté, sa forme inusitée et le séjour de ces voyageurs à mines étranges avaient donné naissance à une légende qui en faisait la demeure des sorciers.

« Dans ce Mazelet on a cru voir aussi une antique chapelle chrétienne, à cause d’une archivolte intérieure sculptée où sont représentés des oiseaux becquetant au-dessous d’un vase de fruits et de rinceaux de feuillage.

« Le style et le caractère de l’ornementation, aussi bien que l’existence de niches ou enfoncements carrés au fond, à droite et à gauche, auraient pu le faire croire, mais rien dans l’inscription, pas plus que dans les détails de la sculpture, n’autorise à le penser, car celle-ci ne représente pas, comme on l’a cru, le sujet si connu de colombes buvant dans un calice. »

Enfin un acte du xiie siècle attribue, non moins faussement, la construction aux Sarrasins.

À côté de Lanuéjols est le château du Boy, où M. L. de Malafosse, le méritant vulgarisateur des Causses et l’inventeur de Montpellier-le-Vieux, a réuni une curieuse collection les objets préhistoriques recueillis par lui dans les grottes et les dolmens de la Lozère.

De Lanuéjols, par Brenoux (321 hab., 27 aggl.) et Varasous au sud-ouest, on gagnerait Saint-Etienne-du-Valdonnés et la route du col de Montmirat (V. p. 243); — par le col de la Loubière (1,168 m.) (V. p. 260), à l’est, on rejoindrait la vallée du Lot et la route de Villefort à Mende.

Notons en passant que cette route ne manque pas d’intérêt (environ 60 kil.): après avoir remonté la très pittoresque vallée de l’Allier, elle franchit les Cévennes au col de Tribes, ouvert à 1,130 mètres entre les deux faites parallèles de la Lozère et de la montagne du Goulet (1,499 m.). De l’autre côté du col, elle traverse le Lot naissant, avant de laisser à gauche le Blaymard, chef-lieu de canton (665 hab. la comm., 486 aggl.), où tombe la route inachevée du Pont-de-Montvert, qui surmonte le seuil de Finiels. Jusqu’en aval des bains de Bagnols (538 hab. la comm., 501 aggl.), la vallée du Lot, avec ses méandres, ses fayards (bois de hêtres), ses prairies, ses talus boisés, ses roches rouges, est tour à tour gracieuse ou d’une extrême sauvagerie.

À signaler les magnifiques ruines du château du Tournel, menaçant perpé-