Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/135

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sainte-claire

pendant la vie viles la rompraient après leur mort. « Beaucoup de ces inconvénients sans doute, n’avaient pas été moins discernés par M. de Villars ; mais encore ne suffit-il pas en toutes choses, pour réaliser le meilleur, de le connaître.

Intérieur de la chapelle des Sœurs Sainte-Claire.

On apprêta une chambre ouverte sur la rue, qui devint une chapelle ornée surtout de pauvreté ; on mit au-dessous le logis des converses, le tour fut installé dans une autre rue si rapide à descendre et si raide à monter qu’une personne seule et sans appui n’y pouvait accéder que très malaisément. La maison fut telle quelle érigée en monastère par l’autorité de François de Sosa, général des Franciscains, le 31 octobre 1602. La première abbesse fut Antoinette de la Moutonnière que favorisa l’archevêque, monseigneur de Bellièvre. Le président Balthasar de Villars et Mme la présidente furent confirmés dans leur titre de père et mère spirituels — on dirait aujourd’hui temporels — par le père Besson, vicaire de la province et délégué du général de l’ordre. Leur dévouement s’accrut encore : ils firent exécuter sur la rue Saint-Georges, au-dessus du précipice, de grandes et belles arcades, pour recevoir une terrasse où ils voulaient bâtir l’église ; puis ils abandonnèrent le projet, à cause des dépenses énormes à engager. Où rencontrer, dans le bas de la ville, un emplacement propice ! Ce fut dans une dépendance de l’abbaye d’Ainay, en face précisément de la montée du Gourguillon. Là, se trouvait une propriété dite de la Palmiel-Bâtie, du nom du seigneur de Pierre Palmiel de La Bâiie, chevalier et chambellan des ducs d’Anjou et d Alençon, qui l’avait achetée aux échevins. Auparavant, François Ier, à qui le consulat l’avait donnée, pourvue d’un très beau jeu de paume, l’avait rendue à la ville, parce que son fils aîné François, duc d’Orléans, prince de grande espérance, y avait été empoisonné en 1526, par Sébastien Pelo de Monte Cuculo, comte de Ferrare. Le président de Villars obtint facilement cession de l’emplacement : ce lieu ne rappelant que malédiction. « La bénédiction y succédera », affirma madame de Villars. Le contrat de vente fut passé à l’hôtel de Villars en janvier 1616 ; le président paya partie de ses deniers,