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III
INTRODUCTION

monuments, l’éclat de ses cérémonies, les courses de ses missionnaires ; elle les consolida par sa souveraineté territoriale. Dans cet espace de dix-huit siècles, qui va des prédications de saint Pothin à la pourpre du bien-aimé cardinal Coullié, dont la houlette nous régit, à côté de périodes d’une intensité lumineuse d’activité et de gloire, on compte des époques d’obscurité, d’ignorance, de sombre ensevelissement ; toutefois l’épreuve n’apparut jamais que guérissable, les ténèbres capables d’être dissipées ; car un des caractères les plus persistants, les plus sensibles, de la foi de nos pères a été certainement l’élan vigoureux, Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I 0021.jpg l’habileté tenace qu’ils ne cessèrent de déployer, à chaque coup des caprices de la fortune ennemie, pour s’échapper de ses ruines, restaurer leurs croyances, tirer de leurs malheurs et de leur décadence une leçon et un moyen de n’y plus retomber. Qu’on nous permette d’apporter ici, dans l’intérêt de cette thèse, quelques exemples empruntés à nos souvenirs les plus connus, à nos plus vénérables traditions.

De quelle sainteté brilla le premier groupe des disciples instruits et baptisés par les envoyés de Polycarpe ; quelle fut l’intrépidité du vieillard nonagénaire, Pothin, le Père de la communauté des frères ; quelle profonde science avait acquise son successeur Irénée, personne ne l’ignore. La lettre si émouvante, qui raconte le martyre du premier, et les livres composés par le second contre les hérésies gnostiques, commandent une admiration et une reconnaissance impérissables. Mais, après ce demi-siècle de labeurs et de mérites au-dessus de tout éloge, la cité impériale, inondée de sang, à peu près détruite par le pillage et l’incendie, entre dans une nuit profonde et lamentable, où la plonge l’horrible vengeance de Septime-Sévère, vainqueur de son compétiteur Albin. La restauration partira des barbares ; elle commencera à l’arrivée des Burgondes. Eucher et Patient tiennent