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IV
HISTOIRE DES ÉGLISES ET CHAPELLES DE LYON

alors le bâton pastoral ; celui-là unit les austérités du moine à la puissance de l’orateur ; de celui-ci Sidoine Apollinaire, le poète-évêque, a dessiné le portrait : il le montre comme un infatigable bâtisseur et le tendre aumônier des pauvres affamés. L’éclaircie fut trop tôt interrompue par de nouvelles ombres plus épaisses et plus impénétrables qu’auparavant ; sous les derniers Mérovingiens, la désolation et l’abandon dépassèrent l’extrême mesure. Il revint à l’élu et à l’ami de Charlemagne, à l’archevêque Leidrade, d’être le restaurateur de son troupeau, à peu près anéanti, le réformateur des études et des mœurs cléricales, un vaillant déblayeur de décombres, un de ces hommes d’initiative et d’action dont le coup d’œil vaut la patiente énergie.

Une lettre, qu’il adressa à l’empereur, nous a conservé la désignation des édifices qu’il éleva, répara, embellit ; trop longue pour être citée en entier, comme elle le mériterait, j’en détacherai du moins les indications topographiques les plus essentielles ; on ne possède évidemment pas de nomenclature plus authentique des églises existant à Lyon, au début du IXe siècle. Ce fut la cathédrale qui attira les premières sollicitudes du prélat ; Saint-Jean fut reconstruit et agrandi ; Saint-Étienne, qui y était attenant, le fut en même temps ; une église Sainte-Marie, dont l’emplacement demeure douteux, mais qu’il ne serait pas impossible d’identifier avec l’hospice primitif de Childebert et de la reine Ultrogothe ; une seconde, dédiée autrefois à Sainte-Eulalie et passée sous le vocable de Saint-Georges, furent tirées de leurs décombres ; les murs de Saint-Paul et de Saint-Pierre furent repris depuis les fondations, et leurs toitures posées ; je ne parle que pour mémoire de deux maisons épiscopales et d’une plus vaste habitation, réservée au logement commun des membres du clergé aux divers degrés de la hiérarchie.

L’exemple d’un dévouement aussi entendu porta ses fruits : les successeurs immédiats de Leidrade, sous les princes Carolingiens, Agobard, Amolon, Rémi, prirent une part importante aux affaires, s’engagèrent dans les discussions agitées par leurs contemporains, et portèrent au loin la réputation de leur siège. Comme partout ailleurs, dans le royaume franc, l’établissement de la féodalité et l’investiture de vastes possessions octroyées aux archevêques, transformés en puissants suzerains, engendrèrent plus d’abus qu’ils ne servirent à la sécurité publique et au respect des institutions chrétiennes. Le patrimoine ecclésiastique s’accrut aux dépens du prestige de l’autorité divine et de la concorde sociale. Après les luttes sanglantes et si fréquemment renouvelées malgré les traités, avec les comtes de Forez, il fallut opposer une armée aux citoyens insur-