Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/219

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saint-paul

primitive qui était, à n’en pas douter, romane, comme l’était le corps principal et mieux soignée encore. On n’a conservé qu’une seule des quatre colonnes qui ornaient le porche du xiie siècle et sur lesquelles retombait la voussure : elle est belle de proportions et de lignes ; le fût en choin de Fay est légèrement renflé au milieu, et couronné d’un chapiteau au galbe élégant que décorent des feuilles d’acanthe et des feuilles d’eau.

Le clocher renferme onze cloches. Il n’en avait que cinq au temps de Quincarnon, vers 1680 ; c’étaient, dans l’ordre chronologique de leur baptême du xvie au xviiie siècle : Anne, Marguerite, (Catherine, la plus grosse, Paul, Élisabeth-Éléonore, la plus petite, baptisée en 1626 et, qui n’a pas déserté son poste. Toutes les autres sont modernes. Le 13 avril 1856, M. Beaujolin, vicaire général de Lyon, en bénit une de huit cents kilos, offerte par un ancien vicaire, l’abbé Thévenon, et le cardinal de Bonald en bénit six autres, le 25 janvier 1865.

Saint-Paul. L’abside. État actuel.

Au-dessous de la corniche supérieure et surtout dans la partie nord se profile une série de médaillons, avec rosaces surmontées de tètes grimaçantes qui représentent les signes du zodiaque et les esprits des ténèbres écrasés par l’église triomphante : ces médaillons sont fort variés, ce qui les date de l’extrême période romane. La porte latérale Saint-Laurent, avec son opulente archivolte bordée de zigzags très habilement ordonnancés, est une preuve de romanisme plus précise et meilleure encore. Mais la partie la plus remarquable de l’intérieur est sans conteste la coupole où l’on ne sait qu’admirer le plus de la simplicité majestueuse ou de la fermeté du dessin. Elle comprend deux dômes octogones superposés, qui s’élèvent au point d’intersection de la nef, iU sanctuaire et des bras du transept. Le petit dôme ou lanterneau, surmonté d’une croix, percé de huit petites arcades à jour, est une addition assez louable de 1835. Le grand dôme a deux rangs superposés aussi d’arcatures irrégulières et dissemblables. Trois formes paraissent nettement dans la disposition des colonnettes autour de la coupole ; le plein cintre, l’ai-c surhaussé et l’ogive. Et nous voici par le plein cintre des arcs dégénérant en une véritable ellipse, et accouplés à des ogives lancéolées : par les colonnettes fasciculées masquant les angles de l’octogone ; par la légèreté des archivoltes ; par les crochets des chapiteaux, à une troisième période, ou même si l’on tient le roman-latin pour un style distinct, à une quatrième phase de l’architecture religieuse, à l’aurore de l’art gothique.

À l’intérieur, on voit une nef principale formée de deux travées, deux basses nefs, deux rangs de chapelles latérales, un transept et un chœur. Les travées sont déparées par des arcs doubleaux et les arcs de la dernière vers l’autel sont plus larges. Les piliers