Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/235

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grands-augustins et saint-vincent

geaient la Saône et le canal, étaient plantés de chanvre, d’où le nom de Chenevrière — par corruption Chenevière — qui désignait tout le territoire. Des vignes couvraient la colline Saint-Sébastien. Au-bas de ces vignes et non loin du faubourg de Chenevière, s’élevait un oratoire dédié à saint Michel. Tel est le lieu que choisirent les fondateurs des Augustins de Lyon.

Les Grands-Augustins en 1550.

Quelques historiens les font arriver d’abord à Villeurbanne, d’où ils seraient venus se fixer à la Guillotière. Les Augustins firent, à la vérité, quelques acquisitions en terres et en prés sur ces deux communes, mais seulement au commencement du xve siècle, longtemps après qu’ils se furent établis dans notre ville. Certains écrivains lyonnais ont fixé à l’an mil, sous le pontificat de Burchard, l’origine du monastère des Augustins de Lyon. Cela ne se peut, par la simple raison que l’ordre des Augustins n’était pas encore constitué à cette époque. Sans doute, la légende en fait remonter l’origine à saint Augustin, mais celui-ci ne traça pas de règles monastiques. Il est certain qu’on vit en Europe, dès le haut moyen âge, quantité d’ermites qui se flattaient de suivre la règle de saint Augustin, qu’ils appelaient la règle d’or, en se reportant à un texte apocryphe plus ou moins puisé aux conseils donnés par l’évêque d’Hippone à quelques religieuses de cette ville, ou s’en remettant tout simplement à leur pieuse imagination. Mais encore menaient-ils entre eux, ne fût-ce qu’à certains temps de l’année ecclésiastique, une vie sinon cénobitique tout au moins monastique par l’uniformité ? Il est prouvé que non.