Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/241

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grands-augustins et saint-vincent

de Lyon, la consacra. Les Augustins n’en jouirent pas longtemps ; à peine était-elle livrée au culte que la Révolution s’en emparait. Pendant le siège de Lyon en 1793, elle servit de succursale à l’hôpital général pour les blessés, et fut ensuite convertie en entrepôt et en magasin jusqu’à la restauration des autels. Elle devint alors paroisse sous le nom de Notre-Dame-Saint-Louis-Saint-Vincent, adoptant ainsi, à la fois, le vocable Saint-Louis de la chapelle des Augustins, et celui Saint-Vincent de l’ancienne église de ce nom, démolie au xviiie siècle et non reconstruite.

Saint-Vincent au xvie siècle.

Le style de Notre-Dame-Saint-Louis est peu religieux, il est plus grec qu’adapté au culte catholique. Le portail lourd est formé d’un fronton triangulaire supporté par deux colonnes doriques. Le dôme, qui surmonte le sanctuaire, est défiguré par d’immenses croisées coupées à quatre angles droits. La nef principale voûtée en plein cintre est accompagnée de deux étroites nefs surmontées d’un plafond à encadrements. Le tout est supporté par des colonnes massives et irrégulièrement espacées. On a encore ajouté à ce défaut par des restaurations plus récentes. On a élevé au-dessus de la porte deux tribunes qui coupent la colonnade du fond et qui choquent le regard par leur désaccord avec le reste de l’édifice. Dans le dôme, on a peint l’Ascension d’après un tableau de Mignard.

Quant à ce qui reste du cloître reconstruit et qui sert maintenant de cour à l’école achetée des deniers du général Martin et dite pour cela La Martinière, c’est encore du moderne et non du meilleur. Ce cloître vient d’ailleurs d’être tout récemment démoli. La Martinière occupe aussi une partie de l’ancien monastère et du jardin. Ce fut dans ce jardin que, le 9 mars 1793, des citoyens lyonnais, réunis au nombre de huit cents, signèrent une pétition aux commissaires de la Convention, Legendre, Rafin et Rovère, pour protester contre les vexations de la municipalité et de Chalier. Legendre, qui était complice de ces vexations, qu’il avait mission apparente de réprimer, s’écria furieux en arrachant le papier des mains de Rovère qui allait le rendre à ceux qui l’avaient apporté : « Je garde vos signatures, malheur à vous ! »

Nous avons nommé le Père Joseph Janin ; il périt sur l’échafaud un peu plus d un an après. On le jugerait mal par Saint-Louis tout seul. Né à Lyon en 1715, vicaire provincial de son ordre, il était savant et habile architecte, et tout ensemble historien très versé en