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histoire des églises et chapelles de lyon

antiquités et dans les annales de notre ville. L’archéologie et la numismatique lui étaient une passion dont il mourut ; il s’était réfugié chez un ouvrier en soie de la place des Minimes, au mois de décembre 1793, lorsqu’il apprit qu’un paysan avait découvert près de Fourvière un certain nombre de médailles d’une très belle conservation ; il ne résista point au désir de les étudier. Il voulut se rendre chez l’heureux propriétaire, mais chemin faisant, il fut reconnu, arrêté et jeté en prison ; il y trouva Delandine qui, dans son tableau des prisons de Lyon, a rappelé, avec admiration, son savoir, son courage et sa gaieté.

Pour terminer, extrayons de l’état déjà cité du couvent des Grands-Augustins de Lyon, dressé en septembre 1766, ce memento des faveurs ou des privilèges que ces moines obtinrent des souverains.

Le Sacré-Cœur, par Dufraisne
(Église Saint-Vincent).
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Le roi Louis XI leur donna, en 1478, des lettres d’amortissement de leur terrain et possession, lesquelles furent enregistrées, en la Chambre des Comptes, le 26 février 1481. François Ier leur accorda, le 27 juillet 1525, des lettres patentes confirmatives de leurs droits et privilèges. Henri III leur donna, par lettres patentes du 4 mai 1584, la somme de 40 livres chaque année pour leurs entrées de vin. Henri IV les honora de pareil privilège le 4 octobre 1595. Le même leur accorda, par lettres patentes du 18 janvier 1601, le franc salé pour deux minots.

Le roi Louis XIII, par lettres patentes du mois de février 1630, leur confirma le franc salé de deux minots ainsi que les 40 livres pour leurs entrées de vin. Louis XIV, en janvier 1659, outre les deux minots de sel ci-dessus, leur donna deux autres minots. Louis XV, par ses lettres patentes données au mois d’août 1716, en réduisant ces quatre minots à la quantité seulement de deux, leur a confirmé le don des rois, ses prédécesseurs.

L’église Saint-Vincent n’est malheureusement point dégagée des maisons qui l’enserrent. Le porche lui-même est comme écrasé par deux constructions récentes, avec lesquelles son axe n’est même pas parallèle. La façade perd ainsi tout caractère architectural. On a pourtant essayé de l’embellir. Le sculpteur Dufraisne y a mis tout son art. Sur le haut de la façade, il a sculpté une belle statue de la Merge portant sur ses genoux