Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/265

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saint-sacrement

de paroissiens, de bienfaiteurs, d’amis et d’indifférents se pressaient dans la pauvre enceinte, dont les murailles n’étaient ornées que de leur éclatante blancheur. L’église n’était rien de plus qu’une grande salle divisée en trois nefs par des colonnes de bois. La cérémonie fut belle. Mgr Thibaudier fit un délicat éloge du curé. À vêpres, la paroisse, dédiée au Très-Saint-Sacrement, fu consacrée au Sacré-Cœur. L’abbé Bridet avait choisi, en outre, pour patrons secondaires de son élise, saint Jean l’Évangéliste et la bienheureuse Marguerite-Marie.

Façade du Saint-Sacrement.

Comment y attirer une population d’ouvriers, parfois nomades, et dans laquelle nombre d’unions étaient illégitimes, beaucoup d’enfants laissés sans baptême ? Le peuple sans doute ne viendrait pas au prêtre. C’était donc au prêtre à aller au peuple. L’abbé Bridet y alla par le moyen de l’enfance. Son premier soin fut de grouper des écoles autour de son église. Dès le début d’octobre 1876, par la libéralité d’un insigne bienfaiteur et de sa fille non moins généreuse, il ouvrit une école de garçons qu’il confia aux frères de la Doctrine chrétienne, une de filles et un asile qu’il remit aux sœurs Saint-Charles. Peu après, il augmenta les classes paroissiales d’un cours d’adultes, pour les jeunes gens et les hommes dont l’instruction avait été négligée, et d’un patronage qui, le dimanche, soustrayait la jeunesse à la pernicieuse influence de la rue.

Dans la suite, il réalisa l’une de ses plus chères pensées en fondant une école apostolique, exclusivement sacerdotale, où il recueillit et prépara au séminaire, par la vie commune et religieuse, quelques enfants qui montraient des signes de vocation. Cette œuvre lui fut une source de grandes consolations. En 1894, il vit monter à l’autel ses premiers prêtres. Cependant, tous ces labeurs et mille autres, notamment les pèlerinages conduits annuellement à Lourdes, ne le détournaient pas de son idéal, la construction de l’église définitive. Il s’ingéniait, il comptait sur le miracle et celui-ci se produisait parfois. Un jour qu’il était inquiet d’une prochaine échéance, une paysanne demanda à lui parler au moment où il allait sortir de la sacristie. Intimidée par le visage soucieux