Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/267

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antiquaille

À droite se trouve la chapelle de la Sainte-Vierge. Une cloison, formant balustrade de pierre, la sépare du chœur. Le vitrail qui l’éclaire représente l’Assomption. Contre le mur se voit le portrait en relief de M. Bridet, et, gravée sur une plaque de marbre noir, l’inscription suivante : « Le 5 septembre 1903 est décédé dans sa 73e année, Pierre Bridet, chanoine honoraire de la Primatiale, fondateur de celle paroisse qu’il administra pendant vingt-huit ans. Prêtre d’une foi profonde, d’une admirable énergie, d’une tendre piété envers Notre-Seigneur et sa Mère immaculée, il avait conduit presque à son achèvement cette église, insigne monument de sa dévotion envers la divine Eucharistie. » Au-dessous, on lit encore : « Le 2 du mois d’avril de l’année 1905, dimanche de Lætare, son Éminence le cardinal Coullié, archevêque de Lyon, a consacré cette église, œuvre de l’architecte Sainte-Marie Perrin. » Presque à la voûte, dans un médaillon, trois anges sont représentés à mi-corps, tournés vers le tabernacle et chantent un texte latin dont le sens est : « Salut, ô corps véritable du fils de la Vierge Marie ! »

La chapelle de gauche, dédiée à saint Joseph, reproduit la disposition de celle de Notre-Dame. Son vitrail représente la Sainte Famille invoquée par une famille terrestre. On a placé contre le mur la statue du bienheureux curé d’Ars dans l’attitude de la prière. Au fond de l’église est une statue de saint Antoine de Padoue tenant un pain ; vis-à-vis, la Sainte Face encadrée dans une ornementation murale. Le chemin de croix, en relief sur les parois de l’église, s’harmonise avec l’ornementation sobre de l’édifice.

ANTIQUAILLE

Il est peu de curieux du passé de Lyon qui ne sachent dans quel état se trouve aujourd’hui la prison dite de Saint-Pothin à l’Antiquaille. Sur cette partie de la colline, où s’élevèrent côte à côte des monastères et des maisons religieuses de tous ordres et de toutes congrégations, où se voyaient les Récollets de Belle-Grève, les Bénédictines de Notre-Dame de Chazeaux ou de Bel-Air et les Lazaristes, où passèrent de nos jours les Carmélites, où sont établies les sœurs de Marie-Thérèse et les religieuses de la Compassion, ce monument si vaste que l’on nomme l’Antiquaille, qui conserve encore quelques-uns de ses traits anciens, représente à la mémoire des moins érudits le souvenir de l’un des berceaux du christianisme dans les Gaules.

Regardons, de la place de l’Antiquaille, l’intéressant portail flanqué de deux pilastres et surmonté d’un fronton. Il abrite un double écusson accolé d’or au sanglier de sable colleté par un limier de gueules, qui appartient à la famille Buatier, d’argent, surmonté d’une étoile d’or effacée, qui est de la famille Sala. Ces armoiries sont timbrées d’un casque fermé posé de profil, assorti de ses lambrequins, des émaux de l’écu et surmonté